Archive for the ‘Histoire’ Category

Si vous suivez mes statuts sur facebook, vous êtes peut être au courant que je suis dans l’attente d’un devis de mon cordonnier historique. Comme ça fait presque 2 semaines que je lui ai écrit (il a confirmé l’avoir reçu) et que je n’ai toujours pas de nouvelles de sa part, je m’interroge donc sur l’avenir de ces souliers.

Alors non, ce ne sera pas des pantoufles de vair. Qui voudrait salir de l’écureuil dans la paille pleine de boue des marchés médiévaux ? Mes couvre-pieds seront des chaussures vikings en cuir basées sur des modèles archéologiques.
Mais sans bottier, point de bottines.

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La solution serait donc je retrousse mes manches, prenne quelques outils et que j’attaque une peau de chagrin pour lui donner la forme voulue. Or, je n’ai jamais travaillé le cuir, ce serait donc une grande première.
Je ne vais pas vous parler de comment travailler le cuir pour le moment car je laisse encore un peu de temps au cordonnier pour me répondre.

Venons-en plutôt aux modèles. Ils seront vikings. Une paire basse féminine et une paire plus couvrante masculine car semble t-il, c’est ainsi que ça se portait. Niveau archéologie, nous avons plusieurs sites possibles, presque une dizaine: Jorvik, Hedeby, Oseberg, Ronjberg, Lottorf, Wedelspang, …

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Dessins de chaussures vikings d’après les fouilles faites à Hedeby (ou Haithabu). Source de l’image: Leita at Bardagi

Sur le dessin ci-dessus, nous avons retenu les 2 modèles sur le 3e ligne, soit une paire de ballerines et une paire de bottines à 3 « boutons ».

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L’université du Missouri nous confirme que notre choix est dans la bonne tranche historique. Source: documents en ligne de l’université du Missouri sur les fouilles d’Hedeby.

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Pour ce qui est des patrons, il faut chercher un peu plus.

Modèle de chaussures vikings trouvés à Jorvik. Soucre: forum les couloirs du temps

Et sur d’autres fouilles, on découvre des modèles identiques d’où sont tirés des patrons pour la reconstitution. Et d’un !

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Restes de chaussures trouvées dans les fouilles d’Hedeby et reconstitution de la forme d’origine. Source de l’image: site historiclife

D’autres dessins permettent de se faire une bonne idée des formes et des coutures donc on peut en déduire assez facilement un patron. Et de 2 !

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Voilà donc nos choix, mes sources, peut être un début de projet et une future initiation au cuir. Je vous tiendrais au courant. Au cas où je devrais m’y mettre, ce ne sera pas avant la fin de l’automne voir carrément en plein hiver donc prenez patience.  😉

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Je ne sais pas vous mais à lire tous les mots pour désigner les robes médiévales, je finis par tout mélanger et ne plus savoir laquelle ressemble à quoi.

Je commence par vous présenter (selon ce que j’ai compris, parce que je ne suis ni archéologue, ni historienne) les robes de dessus, soit la 3e épaisseur de vêtement. Plus spécialement, dans le Bas Moyen Âge ou Moyen Âge tardif, soit les XIVe et XVe siècles.

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Tout d’abord, il y avait les surcots et les cotte-hardies. Similaire en apparence*, ils ont une fonction bien différente.
Le surcot est une tenue d’intérieur, réalisée dans un tissu plus luxueux car c’est la tenue d’apparat.
La cotte-hardie, quand à elle, est une tenue utilisée pour les sorties en extérieur. Afin de ne pas gâcher les belles étoffes, elle est donc réalisée dans un tissu de qualité moindre.

Par la suite, ils seront tout deux remplacés par la houppelande. Le surcot ouvert ne servira plus qu’en tenue de grande cérémonie pour la noblesse.

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Maintenant, en images (clic-clic pour voir en plus grand).
* Cotte-hardie
Souvent fourrée pour des raisons évidentes: avoir chaud par mauvais temps.  


Cotte-hardies ordinaires pour les suivantes et très longues pour leur maîtresse -Yates Thompson 13 fol. 61v.


Sans ceinture à gauche, houppelande à droite – BnF, ms. fr. 9 fol. 35v.

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* Surcot
On en repère 2 types:
surcot ouvert/long: sans manches, souvent de grande ampleur. En exemple, le surcot « Porte des Enfers ».
surcot clos/court: avec manches, peu d’amplitude en bas.


La femme couronnée porte un surcot ouvert bleu – BnF, ms. fr. 73, fol. 163.


La femme porte un surcot ouvert rouge sur une cotte verte – Codex Manesse, ms. pal. germe. 848, F 64r.


Ici, un surcot clos rouge à manches longues et serrées sur une cotte bleue – Londres, British Library, Royal 20 B XX, f. 86v.


Un surcot clos bleu à manches longues évasées sur une cotte rouge – BnF, NAL 1673, fol. 96v.


La femme couronnée porte un surcot clos bleu à coudières sur une cotte rouge; la femme à sa gauche porte un surcot clos rouge à manches longues serrées avec poignets évasés sur une cotte bleue. BnF, ms. fr. 73, fol. 163.

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* Houppelande
Elle évolue au fil du temps pour les manches et l’encolure mais conserve toujours une ceinture sous la poitrine.
Par ordre d’apparition:
houppelande à carcaille: le col est haut et souvent boutonné jusque sous le menton; manches généralement amples, évasées et très longues parfois « déchiquetées »
houppelande à collet renversé:
houppelande à saindre dite robe à tassel:
houppelande flamande: plis très marqués, fixes et rembourrés

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Houppelande à carcaille


Houppelande rouge à carcaille. Célice porte une lettre à Arthur (Lancelot du lac, Ms Fr118) – M. des cleres femmes


Houppelande rouge à carcaille. Guenièvre reçoit l’écu fendu (Lancelot du lac, Ms Fr118) – M. des cleres femmes.

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Houppelande à collet renversé


Houppelandes noire à gauche et rose  à collet renversé. Les très riches heures du Duc de Berry, mois d’avril.


Houppelande bleue à collet renversé. Heures de Marie de Gueldre, la Duchesse Marie de Gueldre.

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Robe à tassel


Houppelande à saindre en rouge et une autre en marron. Triptyque de droite des sept sacrements de Rogier van der Weyden.


Houppelande à saindre en jaune, en bleu et en rouge. Arbre de consanguinité de Loyset, Somme rurale de Jean Boutillier , 15e s., France, Paris, BnF, Département des manuscrits, Français 202 f° 15 v°.

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Houppelande flamande


Houppelande flamande rouge. Portrait de Marguerite van Eyck, Jan Van Eyck, 1439.


Houppelande flamande verte. Marie Madeleine lisant, Rogier van der Weyden.

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Maintenant, vous êtes en mesure de différencier les 3 avec leurs particularités.

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Sources: Histoires et images médiévales n°30, Moyen-Age HS n°26-27-28.

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Le magazine Histoires et Images médiévales a sorti son numéro 30 (août-sept-oct 12) à la mode féminine du Moyen-Age.

 

Première partie: la lingerie.
On parle beaucoup de chemise mais comment est-elle ? Oui, parce que l’on en voit sans manches sur certaines illustrations.
Vous saviez que l’on a retrouvé des vestiges de ce qui pourrait être des soutien-gorges ? Ou tout du moins des brassières.
Et le fameux corset du 15e, n’était-ce pas simplement une évolution de la cotte ?

 

 

Deuxième partie; le vêtement.
Le pelisson, le blanchet, ces choses au noms étranges.
L’évolution des robes: à tassel, surcot, cotte-hardie, houppelande. Apprenez à les différencier et à les classer par dates.

 

 

Troisième partie: vêtements et société.
Les règles du port des vêtements, la notion de mode à cette époque, un conte de l’époque et l’importance des habits dans le quotidien.

 

 

Un très bon numéro où l’on apprend plein de choses. Quelques patrons inclus. Indispensable pour de la reconstitution 14e-15e.

 

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Pour les médiévistes, c’est souvent au printemps voir en été qu’ils se regroupent pour reproduire la vie d’antan.
Mais en qu’en est-il en hiver ?

Si comme moi, vous souhaitez faire une tenue qui résiste un minimum aux premiers frimas, vous ne pouvez pas vous contenter de lin ou de coton. J’ai trouvé la réponse à ces questions vestimentaires dans le HS 26 du magazine Moyen-Âge: Réaliser un costume.
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    • Printemps (mars/avril): « la tiretainne et les dras de coton fourrés d’aignaus »
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    • Eté (mai/juin/juillet): « les dras de lin » voir « dras de soie, si com de cendal, de samit, d’estamines … » pour un budget plus conséquent
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    • Automne (août/septembre/octobre): « à le maniere du printans » « mais ke le drap soient i pau plus caut » (un peu plus chaud)
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    • Hiver (novembre à février): « de se vestier de reube de laine bien espesse et velue à boinne penne de houpins » (goupil) voir « de counins » (lapin/lièvre)
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Les très riches heures du duc de Berry – Février

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Présentation de l’éditeur

Emblématique du vêtement féminin sous le Second Empire, la crinoline est également symbole de modernité. Alors que le chemin de fer transporte les voyageurs vers de nouveaux horizons, les idées et les modes se diffusent à un rythme enlevé tout en s’adaptant au mode de vie des femmes. Fruit de la révolution industrielle qui s’épanouit en France sous Napoléon III, la crinoline bénéficie des progrès réalisés dans la fabrication des étoffes, la confection et la diffusion des modes. Merveilleux support pour les robes des grands couturiers, les châles en cachemire et les bijoux, la crinoline est un élément central du faste de la société du Second Empire. Dénoncé par les contemporains comme ruineux et tapageur, le costume féminin contribue à creuser les inégalités sociales et à les rendre plus visibles. Accessoire indispensable de la femme à la mode, la crinoline contribue, avec le corset, à modeler une silhouette répondant aux attentes esthétiques et sociales du moment. L’avènement d’un mode de vie bourgeois emprisonne la femme dans un carcan rigide et lui assigne un rôle social strictement défini. Illustré de nombreux costumes reconstitués, ainsi que d’accessoires et de documents d’époque, l’ouvrage nous mène des bals aux bains de mer et de l’Opéra aux scènes de rue de l’époque. Il dresse ainsi le portrait de personnages aussi divers que la marchande à la toilette, la lavandière, la lionne ou la dame de compagnie de l’impératrice.
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Biographie de l’auteur

Nathalie Harran est historienne, créatrice de costumes historiques et collectionneuse. Artisan d’Art, elle a fondé « La Dame d’Atours », qui a pour but d’étudier, de conserver et de faire connaître les modes anciennes par le biais d’ouvrages et d’expositions. Elle a publié chez Errance La Femme du Directoire au Premier Empire (2010).

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  • Broché: 120 pages
  • Editeur : Editions Errance (9 juillet 2011)
  • Collection : Histoire Vivante
  • Langue : Français
  • Prix: 28€

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 De très belles photos, de très belles robes parfaitement reconstituées et des petites histoires autour de chacune qui nous racontent la vie d’autrefois. Des explications idéales d’un point de vue historique et couturier. Des accessoires détaillés et présentés selon l’évolution de la mode.

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 Si les crinolines sont votre rêve de petite fille,
ce recueil deviendra votre livre de contes et d’images préféré.

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Enfin !

Un magazine parlant de renaissance. Bon, c’est vrai, il parle surtout de la transition moyen-âge – renaissance mais c’est déjà ça.

Donc voici la bête:

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Et pour le CLP, on peut déjà voir la tendance qui s’annonce pour François Ier même si il est surtout question de son prédécesseur Louis XII, son oncle.

 

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Pour l’instant, je n’ai pu que m’extasier sur les sublimes enluminures et peintures. Pour le reste, ça ne saurait tarder.

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Dernièrement, je feuillette des magazines féminins très orientés mode pour voir ce qui se fait et peut être trouver des idées (genre l’influence 50’s pour ma jupe marron).

Et dans Be du 01/10, je vois ça:

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Petit zoom:

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Et là ! Un cri retentit …

 

 » Lavallière … Année 70 !

Je vous en f***rai des années 70, moi ! « 

Et oui, une costume histo addict comme moi, qui a vu quasi tous les films sur Louis XIV et ses contemporains, ne peut qu’être choquée/révulsée/horrifiée par cette bêtise.

Donc reprenons, calmement, avec notre ami Wiki (histoire d’avoir une source pour ceux qui ne croient que ce qu’ils voient).

La lavallière est une cravate dérivée du nœud papillon majoritairement portée par les femmes et dont l’usage est tombé en désuétude de nos jours. Elle se constitue d’un foulard dont les dimensions varient beaucoup, de longueur pouvant atteindre 1,60 m et qui se noue de la même façon qu’un nœud papillon mais de manière à former deux coques tombantes et deux rubans libres.

 

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La lavallière est associée au nom de Louise Françoise de La Baume Le Blanc (1644 – 1710), duchesse de La Vallière (et maîtresse de Louis XIV) depuis que les peintres ont commencé à représenter cette cravate large au nœud flottant et souple vers la fin du XIXe siècle.

 

https://i0.wp.com/i21.servimg.com/u/f21/14/21/73/98/452px-10.jpgUn petit portrait

 

Bien sûr, impossible de trouver un portrait avec la fameuse cravate vu que ce n’était pas la mode des peintures de l’époque. Oui, quand on lance une mode, elle est pas encore à la mode actuelle.

Donc comme le dit le gentil Wiki, la mode de la lavallière a été forte au XIXe. Et aussi dans les années 70, mais il provient bien du XVIIe siècle.

Et gare à celui qui me soutient le contraire.

 

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Et petit bonus, un tuto de nouage de lavallière

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Vous devinerez jamais où je l’ai trouvé. Comme quoi, tout est relié.

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